Radio : plongée dans les rouages de la création littéraire avec « Salle des machines »

Par Mouna El Mokhtari

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” Ecoutons le concert des bielles de la fiction, les pistons du récit “, introduit Mathias Enard, écrivain et traducteur, Prix Goncourt pour Boussole en 2015, ainsi que collaborateur du Monde. Dans « Salle des machines », nouvelle émission littéraire de France Culture, ce ne seront pas moins de quatre ouvrages que l’on pourra découvrir chaque dimanche après-midi. Sur une heure, Mathias Enard reçoit deux auteurs, écrivains, scénaristes, dessinateurs ou traducteurs, pour échanger avec eux sur la genèse et le processus de création de leur dernière œuvre ; au mitan de l’émission, la courte séquence « Le Caillou dans les poches » est consacrée à la (re)découverte d’une œuvre rééditée. L’émission se terminera par un message audio envoyé par un quatrième auteur via les « magnifiques transmetteurs d’ordres en cuivre » qui « faisaient résonner les instructions de la passerelle dans les entrailles » des paquebots et cargos d’autrefois.

« L’idée est de partager l’expérience de l’écriture, de donner un espace d’expression aux autrices et aux auteurs, et de donner envie aux auditeurs de lire les ouvrages », explique Mathias Enard. Mission accomplie dès les premières émissions : à l’issue du voyage, l’auditeur aura envie de rendre visite à son libraire. Mathias Enard reçoit Jean-Marie Blas de Roblès, qui publie Ce qu’ici-bas nous sommes (Zulma), puis Diane Meur, pour Sous le ciel des hommes (Sabine Wespieser). Mathias Enard plonge les mains dans le cambouis : « Comment avez-vous eu l’idée de ce personnage ? »« Pourquoi ce titre ? »« Quel est votre but quand vous écrivez ? », « Comment parle-t-on à la place des morts ? » Ensemble, ils décortiquent l’artisanat propre à chaque auteur pour faire naître son œuvre.

Passion du texte

La conversation donne à l’auditeur l’étonnante sensation d’écouter l’œuvre s’écrire, de pénétrer un lieu ordinairement inaccessible, d’avoir enfin trouvé le passage secret entre le plaisir de lire et celui d’écrire. Le savoir-faire de l’écrivain (lui-même auteur d’une fiction radiophonique), habitué à s’entretenir avec ses homologues et grand auditeur des émissions de littérature du service public, met en valeur cette passion du texte qui nous plonge dans l’intimité de l’écriture.

Tout aussi précieux est le travail de la réalisatrice et artiste havraise Charlotte Roux, qui a conçu l’habillage sonore de l’émission à partir de musiques retravaillées avec des sons qui rappellent la mer – sirènes de bateaux, sons sous-marins captés par hydrophones, bruits de rames, enregistrés par ses soins. « J’ai voulu créer une salle des machines très englobante, où on est en confiance pour que surgisse le texte et qu’émerge de ces rouages qui nous sont racontés au micro toute la puissance d’évocation et de voyage de la littérature », explique la jeune femme.

Après avoir reçu Marie-Hélène Lafon (Histoire du fils, Buchet-Chastel) et Jean Rolin (Le pont de Bezons, P.O.L Editeur), le 6 septembre, Mathias Enard recevra Alain Mabanckou (Rumeurs d’Amérique, Plon) et Léonie Bischoff (Anaïs Nin. Sur la mer des mensonges, Casterman) le 14 septembre.

source de l’information: https://www.lemonde.fr/culture/article/2020/09/06/radio-plongee-dans-les-rouages-de-la-creation-litteraire-avec-salle-des-machines_6051191_3246.html

source de l’image: https://www.lapresse.ca/arts/livres/201511/03/01-4916869-mathias-enard-ou-la-fascination-de-lorient.php

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Radio : plongée dans les rouages de la création littéraire avec « Salle des machines » – Sarraute Educación María Magdalena

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