France: Les enseignantes de sciences valent mieux que ce qu’elles croient

France/ 12 Mai, 2021/ Source/ http://www.cafepedagogique.net/

Par François Jarraud

Les résultats de la grande enquête internationale TIMSS sur les sciences et les maths ont parlé. Les professeures de maths et sciences réussissent plutôt mieux que leurs collègues masculins. Pourtant elles se sentent beaucoup moins capables qu’eux. Un sentiment qui quelque part doit se retrouver dans l’attitude des jeunes filles qui se détournent des sciences beaucoup plus fréquemment que les garçons. L’Unesco et l’Association internationale pour l’évaluation du rendement scolaire (IEA) veulent sensibiliser enseignantes et élèves.

 

Des résultats plutôt meilleures pour les professeures

 

“Quelle est le rapport entre le genre des enseignants et les résultats des élèves en sciences et en mathématiques ?  Existe-t-il des différences d’auto-efficacité selon le genre des enseignants et, le cas échéant, quels sont les effets sur leur satisfaction au travail ?  Quelles sont les implications potentielles d’une plus faible auto-efficacité des femmes dans le cadre d’efforts visant à attirer plus de filles et de femmes vers l’étude et l’enseignement des STEM ?” L’Unesco et l’IEA, qui organise l’évaluation internationale TIMSS, répondent à ces questions en se basant sur les résultats de TIMSS 2015. Cette enquête internationale a concerné 56 pays pour l’enquête en cm1 et 45 pour celle portant sur l’année de 4ème. L’IEA a notamment calculé un score d’auto-efficacité, c’est-à-dire évaluant le sentiment d’être efficace, en utilisant plusieurs questions portant sur l’auto appréciation de son travail par les enseignants et les enseignantes et leur sentiment d’être efficace.

 

Selon TIMSS, “les données relatives aux performances des élèves indiquent que ceux qui sont instruits par une enseignante ont des résultats égaux, ou même supérieurs dans la plupart des cas, à ceux qui sont instruits par des enseignants. Nous avons pu le remarquer en quatrième et en huitième années aussi bien en mathématiques qu’en sciences, et de façon encore plus évidente en huitième année… Pour les mathématiques de quatrième année (CM1), dans 6 des 52 systèmes éducatifs (12 %), les garçons instruits par une enseignante ont obtenu des meilleurs résultats que ceux instruits par un enseignant, tandis que l’inverse était vrai dans trois systèmes éducatifs seulement. En huitième année (4ème), dans 11 des 43 systèmes éducatifs (26 %), les garçons qui apprenaient les mathématiques auprès d’une enseignante ont obtenu de meilleurs résultats que ceux qui apprenaient auprès d’un enseignant”.

 

Un plus faible sentiment d’auto-efficacité

 

Ces résultats devraient rendre les enseignantes fières de faire ce métier. Pourtant ce sont les enseignants qui ont un score d’auto-efficacité supérieur à celui des enseignantes. “Les enseignantes de sciences ont déclaré des niveaux d’auto-efficacité inférieurs à ceux de leurs homologues masculins dans 16 des 17 systèmes éducatifs (94 %) pour la quatrième année et dans 13 des 15 systèmes éducatifs (87 %) pour la huitième année”. Et c’est la même chose en maths. Sauf que là la France est directement concernée. “Dans le cas des enseignants de mathématiques de quatrième année, 10 des 52 systèmes éducatifs (19 %) présentaient des corrélations significatives d’un point de vue statistique, la corrélation moyenne étant également significative d’un point de vue statistique. Les corrélations les plus importantes ont été observées en Lituanie (0,39), en Italie (0,37), au Japon (0,37), en Finlande (0,35) et en France (0,35)”.

 

On se trouve donc devant un phénomène inattendu : les enseignantes de maths et sciences ont un sentiment d’auto efficacité plus faible que celui de leurs collègues masculins alors que leurs résultats sont meilleurs.

 

Des conséquences sur l’orientation des filles ?

 

Pour l’IEA cela n’est pas sans conséquences sur les élèves. “Il est intéressant de souligner que nos résultats indiquent que de faibles niveaux d’auto-efficacité chez les enseignantes de sciences et de mathématiques sont particulièrement observables dans l’enseignement secondaire, et qu’ils vont de pair avec une chute de l’auto-efficacité déclarée par les filles dans ces matières et dans ces classes”.

 

Pour l’IEA les enseignantes sont des modèles pour les filles. “Une plus faible auto-efficacité des enseignantes de sciences et de mathématiques pourrait affecter celle des filles dans ces mêmes matières. Dans la mesure où l’auto-efficacité en mathématiques et en sciences influence leur désir de poursuivre leurs études de ces deux domaines, l’auto-efficacité des enseignantes de mathématiques et de sciences pourrait impacter l’orientation des filles vers des cursus en sciences et en mathématiques”. Alors que dans l’ocde les filles ne représentent qu’un quart des nouveaux inscrits dans les formations supérieures des STEM (science, technologie, ingénierie et mathématiques), il devient urgent de communiquer sur la place des femmes dans l’enseignement des sciences et des maths.

 

Etude Unesco IEA

Sur TIMSS

Femmes et maths : combler le fossé

Source

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2021/05/12052021Article637563926197236660.aspx

 

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