Les jeunes en France sont-ils vraiment « moins sportifs » que dans d’autres pays ?

France/Août 13, 2021/ Source: https://www.ouest-france.fr/

Le 9 août, le ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports Jean-Michel Blanquer a déploré une tradition sportive moins forte en France que dans d’autres pays. Et ce, deux jours après avoir attribué à la qualité de l’enseignement français le mérite de certaines médailles françaises obtenues aux JO de Tokyo… Quel rôle joue véritablement l’école dans la pratique et la réussite sportive en France ?

Le 7 août, Jean-Michel Blanquer attribuait le mérite des médailles françaises obtenues aux Jeux olympiques de Tokyo à l’EPS (éducation physique et sportive) dans le système scolaire français. Aussitôt raillé sur ce point par des athlètes olympiques sur Twitter, le ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports est très vite passé à l’organisation des Jeux olympiques de Paris 2024, concédant qu’en France, la « tradition sportive [était] moins forte que dans d’autres pays », lors d’une émission en direct, sur FranceInfo.

Un constat que partage l’Organisation mondiale de la santé (OMS), selon qui 87 % des jeunes Français ont une activité physique inférieure au minimum recommandé d’une heure par jour. Publié en 2019, le rapport sur l’activité physique chez les Français scolarisés de 11 à 17 ans plaçait en effet la France à la 119e place sur les 146 pays étudiés.

Quel rôle, dès lors, peut-on accorder à la pratique de l’éducation physique et sportive, à l’école, dans la réussite des athlètes Français ?

La faute à l’école ?

L’école de la République serait en partie responsable du manque de pratique. Les railleries de certains athlètes français à l’encontre de Jean-Michel Blanquer traduisent le manque de considération du sport à l’école. Ce que pointait déjà Régina Guthold, l’autrice du rapport publié par l’OMS, quand elle déclarait ceci à FranceInfo « Il y a beaucoup plus d’importance mise sur les mathématiques, le français, les langues… que pour l’activité physique. »

Alors, les équipes de France de handball peuvent-elles remercier l’EPS pour leurs médailles d’or aux Jeux Olympiques de Tokyo ? Pas si sûr. « En France, je sais que les enfants vont à l’école du matin jusqu’au soir, insistait Regina Guthold en 2019, au micro de FranceInfo. Ils reviennent à la maison, ils ont des devoirs à faire. Comment peuvent-ils faire une heure d’activité physique chaque jour si toute la journée est pleine ? »

La Cour des comptes abonde dans un rapport de 2019 constatant « la distance entre le sport scolaire et le monde sportif, dont les attentes et les pratiques sont éloignées de la conception et de la mise en œuvre de l’instruction physique ». Son souhait ? Que la pratique sportive soit revitalisée à l’école.

Une question de culture ?

Associé à des questions de santé et de savoir en France, le sport est, par exemple, plutôt ramené à la performance dans les écoles américaines. Aux États-Unis, les championnats sportifs lycéens et universitaires sont très suivis par les médias nationaux. Certains stades universitaires atteignent des capacités de 100 000 spectateurs (Ohio State, Michigan), constate Athletic Partners, un organisme qui aide les Français à trouver une bourse sportive aux États-Unis.

En France, qui assiste aux championnats de l’Union nationale du sport scolaire (UNSS) ou de la Fédération française du sport universitaire (FFSU) ? Les deux entités font ce qu’elles peuvent, mais manquent de moyens et d’attention. Nulle trace, ici, d’un championnat universitaire où, comme aux États-Unis, les athlètes professionnels sont repérés.

Malgré les classes de sport-étude, la connexion, en France, entre le sport à l’école et le haut niveau ne semble pas satisfaire les athlètes professionnels. À l’image du sprinteur français Christophe Lemaître qui, comme les basketteurs Vincent Poirier et Ewan Fournier, s’est fendu d’un tweet ironique après la déclaration du ministre.

« Les moyens ne sont pas là », s’est désolé Gérard Vincent, gardien de l’équipe de France de handball, sur Twitter. Notons toutefois, puisque nous les comparions, que si les infrastructures françaises n’ont pas la grandeur américaine, l’accès à l’école et aux études en France est gratuit, alors qu’il est payant et exorbitant aux États-Unis…

Des objectifs avant 2024

Mais Jean-Michel Blanquer et la ministre déléguée aux Sports Roxana Maracineanu profitent de l’organisation des Jeux olympiques de Paris, en 2024, pour communiquer de nouveaux objectifs quant à la pratique du sport en France.

La généralisation du « savoir-nager » et du « savoir-rouler » (sur un vélo), d’abord. Mais aussi, entre autres changements, un minimum de 30 minutes d’activité physique quotidienne dans le premier degré, une « politique volontariste d’ouverture [des écoles] vers les clubs » à travers le label Génération 2024, selon Thierry Terret, délégué ministériel aux Jeux olympiques et paralympiques, et la création d’un « bac pro sport », comme l’a déclaré Jean-Michel Blanquer à FranceInfo.

De là à associer l’EPS aux futurs médaillés français de Paris 2024 ? Le ministre souhaite en tout cas profiter des Jeux pour faire de la France une nation où, comme il l’a déclaré sur FranceInfo« c’est un réflexe pour tout le monde de faire du sport tous les jours ».

La Source: https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/2021-08-11/les-jeunes-en-france-sont-ils-vraiment-moins-sportifs-que-dans-dautres-pays-4e350c36-a6a3-488c-b7a0-f67afcc6b698

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Docente - Investigadora Educativa.
Venezolana.
Doctora en Cs. de la Educación, Magíster en Desarrollo Curricular y Licenciada en Relaciones Industriales.

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